Lettre A, suite

Abat-jour

Seule forme : nom masculin invariant en nombre.

Accident

Grammaire : À un sens plus fort qu'incident. Un accident est toujours malheureux, sinon grave. Un incident peut être comique et en principe est secondaire par rapport à l'action principale. Ce qui les réunit est la notion « d'événement survenant par hasard ».
On dit un « accident de parcours » mais un « incident de frontière ». Singulier dans l'expression « par accident ».

Advenir

Grammaire : Verbe défectif, seuls l'infinitif, les participes et les troisièmes personnes sont utilisés. Se conjugue avec l'auxiliaire « être ».

Stylistique et sémantique : « Advenir que » est le plus couramment suivi du subjonctif : S'il advenait que tu rates le train, on peut cependant trouver l'indicatif lorsque l'on veut constater une réalité : « advienne que pourra ». « Quoi qu'il advienne ».

Afférent

Orthographe : Toujours « e » et non avec un « a », Les expressions « y afférent » et « les clauses afférentes » sont réservées au vocabulaire administratif et juridique.

Âge

Orthographe : Sans accent, il s'agit de la flèche de la charrue. À ne pas confondre. Il ne faut donc pas oublier, ou omettre l'accent circonflexe.

Grammaire : Toujours masculin. « La belle âge » est vieux, mais se rencontre encore.

Stylistique et sémantique : On utilise « à notre âge » pour plusieurs personnes du même âge. « À nos âges » lorsque les personnes appartiennent à des générations différentes. Nous sommes du même âge, ou de même âge.
Moyen Âge : S'écrit le plus souvent sans trait d'union et avec deux majuscules : l'Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes, mais avec minuscules s'il s'agit de l'adjectif : « un costume moyen âge ».
Les nombres dans les âges s'écrivent en lettres de un à neuf inclus, et en chiffres à partir de dix. Si le nombre n'est pas entier, on l'écrit en lettres. « Ce bébé a deux mois. » « Untel a deux ans et trois mois. » « Victor Hugo est mort à 83 ans. » « Untel a dix-sept ans et demi. »

Ailleurs

Stylistique et sémantique : « Par ailleurs », dit Littré, signifie « par une autre voie »: Il faut faire venir vos lettres par ailleurs. Le seul sens admissible selon les puristes qui condamnent cet emploi à la place de « d'ailleurs ». Mais l'Académie donne cette définition : « d'un autre côté, pour un autre motif, par un autre moyen, en outre, d'autre part » : Elle était très jolie, mais elle était par ailleurs vêtue sans goût.
« D'ailleurs » indique un ajout à la phrase (pour renforcer, confirmer, corriger, etc.) : Je ne le lui ai pas rendu ; d'ailleurs, il ne me l'aurait pas réclamé.
Si vous doutez, si vous craignez d'offenser la grammaire, vous pouvez employer des synonymes : d'autre part, en outre, à d'autres égards, d'un autre côté, etc.

Ainsi

Stylistique et sémantique : Évitez les pléonasmes : « ainsi par consé­quent », « ainsi par exemple », « ainsi donc ».
Ainsi que :
Selon le sens, et la ponctuation, « ainsi que » a valeur de coordina­tion ou de comparaison.
1) Comparaison : Le thym, ainsi que le romarin, pousse en Provence. Notez les virgules qui encadrent la comparaison et le fait que le verbe (ainsi que l'attribut s'il existe) reste au singulier.
2) coordination : le thym ainsi que le romarin ne poussent pas dans le nord de la France. Ici, « ainsi que » équivaut à « et ». Notez l'absence de virgules et le pluriel du verbe.

Après-midi

Grammaire : Très longtemps féminin et hésitant, il est aujourd'hui du genre masculin, on peut cependant écrire : « une belle après-midi » qui ne saurait être condamnée. Le mot est invariable : des « après-midi ».
On l'écrit sans trait d'union si l'expression est utilisée seule dans son sens temporel, d'après douze heures, comme complément circonstanciel. Dans ce cas il n'est pas un nom : Je viendrai après midi.

Attribuer

Stylistique et sémantique : On décerne un prix, mais on écrira « attribution du prix ».

Aussi

Stylistique et sémantique : Au sens de « pareillement, de même », quand la proposition est négative, on emploie non plus au lieu de aussi : Vous n'avez pas faim, moi non plus. Lui non plus n'a pas mangé.
Après deux sujets au singulier réunis par aussi bien que, le verbe se met au singulier : La mère, aussi bien que la fille, est une noctambule. Si l'on supprime les virgules, l'idée porte alors sur les deux sujets et le verbe se met alors au pluriel : La mère aussi bien que la fille sont des noctambules.
Aussi que – autant que :
Ces deux adverbes servent à exprimer la comparaison. « Autant » s'emploie avec les noms et les verbes, aussi se joint à des qualificatifs, à des participes-adjectifs ou à des adverbes : Il a autant de force que vous. Il n'est pas aussi malade qu'il le dit. Elle est aussi bonne cuisinière que sa sœur.

Aussi - si :
Si peut s'employer à la place d'« aussi » dans une comparaison négative, ou même interrogative : Il n'est pas si gentil qu'on le dit. Au sens de « tellement », l'emploi de « si » est même obligatoire : Ne partez pas si vite. Seriez-vous si impatient ?

Autre

Grammaire : Adjectif ou pronom indéfini.
Au singulier dans « rien d'autre ». Au pluriel dans « entre autres » ou « entre autres choses ».

Stylistique et sémantique : Tout autre : Avec le sens de « n'importe quel autre » l'adjectif « tout » est variable : Toute autre façon de faire sera inacceptable (c'est-à-dire de toute chose autre que cette façon de faire).
Tout est adverbe et invariable si l'on ne peut le placer devant le nom : C'est tout autre chose que je voulais faire (c'est-à-dire tout à fait autre chose). Si tout autre est précédé de « une », tout reste invariable : C'est d'une tout autre manière qu'il travaille.
Entre autres :
Entre autres doit se rapporter à un nom ou un pronom exprimé avant ou après cette expression : Beaucoup de choses vont changer, entre autres mes périodes de congés.
L'un et l'autre, l'un ou l'autre, ni l'un ni l'autre :
L'un ou l'autre et ni l'un ni l'autre sont toujours suivis du singulier : L'un ou l'autre trouvera le trésor. L'un et l'autre est, en principe, suivi du singulier. Mais le verbe au pluriel peut se rencontrer : L'un et l'autre cheval ne s'entendent pas.
Autre chose :
Valeur neutre. L'accord se fait au masculin : Il y a autre chose de plus beau (et non pas belle). Si autre chose est accompagné d'un déterminant, il ne s'agit plus de l'expression, l'accord se fait avec « chose » : C'est d'une autre chose plus belle, qu'il voulait.

Et autres :
« Et autres » suivi d'un nom qui n'englobe pas celui qui précède est du langage familier. On écrit : Plusieurs ouvriers, employés et autres tra­vailleurs étaient en grève.
« Nous autres », « vous autres », sont des expressions du langage familier, mais « eux autres » et « comme dit l'autre » sont des expressions populaires.