Lettre D, suite

Décès

Stylistique et sémantique : Ne s'utilise que pour la mort d'une personne, pas d'un animal, et plutôt pour une mort de maladie que pour une mort accidentelle.

Démentir

Grammaire : « Démentir que » est le plus souvent suivi du subjonctif : « on dément qu'il y ait eu la moindre rencontre ». L'indicatif est possible, la plupart du temps à la forme négative, lorsqu'on veut insister sur la réalité du fait : « on ne dément pas en haut lieu qu'une réunion a bien eu lieu ».

Demi

Typographie : En composition avec un nom ou un adjectif, « demi » est relié par un trait d'union : « une demi-heure, un demi-cercle, des demi-dieux », etc.
À demi :
Il faut un trait d'union devant un nom et pas de trait d'union devant un adjectif : « elle n'était plus qu'à demi pleine. Il me l'a dit à demi-mot ».
Grammaire : « Demi » est toujours invariable comme premier élément d'un nom ou d'un adjectif (ne jamais écrire, par exemple, [« demie-heure »]). Le nom ou l'adjectif en composition s'accorde normalement (le nom prend la marque du pluriel, l'adjectif prend la marque du pluriel et du féminin) : « un demi-cercle, des demi-cercles. Une demi-heure, des demi-heures. Un harpon demi-fin, des aiguilles demi-fines ». Il faut noter les exceptions : « demi-sang » et « demi-sel », parfois « demi-solde » qui sont invariables.
Lorsque « demi » suit le nom, il s'accorde en genre mais pas en nombre : « une heure et demie. Deux heures et demie ».

Deuxième

Stylistique et sémantique : De nombreux auteurs ont insisté sur la différence entre "deuxième" et "second". On devrait dire "deuxième" lorsque l'énumération se poursuit (plus de deux), et « second », lorsqu'il n'en existe que deux. Par exemple nous préférerons tous utiliser « la Seconde Guerre mondiale », plutôt que « la deuxième ». Il est vrai que l'on dit « Napoléon voulait être un second César », plutôt qu'un « deuxième ».
On dit « tous les deux » ou « tous deux ».
« Entre les deux » pour désigner un état intermédiaire est familier.
« Nous deux mon frère » est populaire, on doit dire « mon frère et moi ».
On dit toujours : « voyager en seconde, passer en seconde, les causes secondes, un état second, de seconde main, commandant en second, la seconde République (bien que nous en soyons à la cinquième), capitaine (commandant) en second, etc. ».

Dire

Grammaire : Attention à la deuxième personne du pluriel de l'impératif et du présent "vous dites"; une erreur assez fréquente la déforme en [« vous disez »]. Souvenez-vous, sauf « redire » tous les dérivés avec « dire » s'écrivent « ez » à la seconde personne : « vous contredisez ».
Éviter également « vous dîtes » ou « dîtes-vous » en impératif ou présent. Cette forme correspond au passé simple.
« Dire + infinitif », il faut que les deux verbes aient le même sujet : « Il dit reprendre courage ». Avec « dire que » on trouve l'indicatif, le conditionnel ou le subjonctif.
« On dirait que », « dire que » sont suivis de l'indicatif ou du conditionnel : « dire que je le savais ».
« On dirait d'un fou », l'usage moderne fait l'ellipse du « de ».
« Soi-disant » s'applique en principe à ce qui peut « dire » (qui a l'usage de la parole), dans les autres cas, il vaut mieux utiliser « prétendu ».
« Au dire de » presque toujours au singulier (« aux dires de » est très rare).
« Dit-il », comme incise répétée dans les dialogues est, certes, gênant, mais il faut éviter de le remplacer par un verbe qui n'a aucun rapport avec « dire «. On peut utiliser « affirmer, avertir, énoncer, annoncer, révéler, exprimer », etc., même des verbes où l'idée de dire est plus lointaine comme « soupirer » mais il faut éviter les [« sursauta-t-il, taquina-t-il »] et autres [« rougit-il »].
« C'est-à-dire » s'écrit avec des traits d'union.
« Bien-disant » est variable.

Dit

Grammaire : Écrire en un seul mot : ledit, ladite, les dits, lesdites, audit, auxdits, auxdites, dudit, desdits, desdites, susdit, susdite, susdites, susdits.

Douter

Grammaire : Au singulier dans "sans doute".
Ce nom entre dans de nombreuses locutions à la suite desquelles on hésite souvent sur le mode du verbe.
En théorie, après "douter que" il faut le subjonctif sans "ne" explétif : "je doute qu'il soit arrivé". À la forme négative, il est la plupart du temps suivi du subjonctif, éventuellement avec "ne" : "je ne doute pas qu'il (ne) soit arrivé". L'indicatif est possible, on insiste alors sur la réalité du fait, ou le conditionnel avec un fait hypothétique : "je ne doute pas qu'il le lira", "je ne doute pas qu'il le lirait".
Avec "nul doute que, il n'est pas douteux que", on trouve le plus souvent l'indicatif. Le subjonctif (éventuellement avec "ne") est plus rare : "il n'est pas douteux que nous sommes sur la bonne route".
Avec « il n'y a pas de doute que, il est hors de doute que » (où la notion de doute est plus fortement niée) le subjonctif est exceptionnel : « il est hors de doute qu'il a trouvé la piste ».
« Sans doute que, nul doute que » sont suivis de l'indicatif ou du conditionnel.

Durant

Stylistique et sémantique : On oppose « durant » à « pendant ». « Durant » s'applique, en théorie, à toute la durée, « pendant » à un laps de temps. Comparez : « il a pleuré durant la cérémonie » (tout le long de la cérémonie) et « il a pleuré pendant la cérémonie » (à un moment de la cérémonie).