Lettre M, suite

Majesté

Typographie : Prend une majuscule lorsqu'il est précédé d'un possessif « Sa Majesté, Votre Majesté... » Dans un courrier à un roi ou un empereur, on utilisera plutôt « Sire » que « Votre Majesté ».

Maison

Typographie : Prend une majuscule dans Maison-Blanche (Washington), Maison-Carrée (Algérie), Maisons-Laffitte, mais pas dans « maison d'Espagne ».

Grammaire : Ce mot est invariable lorsqu'il est employé comme apposition : Des pratiques maison, des spécialités maison, des gâteaux maison.
Les compléments de nom prennent ordinairement le singulier : des « maisons d'arrêt », « des maisons de passe », « des maisons de retraite ».
Au singulier dans « gens de maison » ou « personnel de maison ».

Mal

Typographie : Les expressions « bon an mal an » et « bon gré mal gré » s'écrivent sans virgule.
N'oubliez pas le trait d'union pour « mal-aimé », « mal-jugé », « mal-logé » et « mal-pensant ». Un nombre important de composés formant un mot unique : « malaisé », « malappris », « malavisé », « malchanceux », etc. Deux écritures possibles pour « malfamé » ou « mal famé », ainsi que « malbâti » ou « mal bâti », ou encore « malvenu » et « mal venu ».
Selon l'Académie, l'expression « mal en point » devrait plutôt s'écrire « mal-en-point ».
Stylistique et sémantique : L'expression « mal de tête » sera préférée à « mal à la tête » qui peut désigner aussi bien une souffrance due à une blessure qu'à une migraine.

Malgré

Stylistique et sémantique : La locution conjonctive « malgré que » a suscité des discussions passionnées. En raison même de ces discussions, qui oppose toujours grammairiens et écrivains, il vaut mieux éviter de se servir de cette locution et l'abandonner à la langue familière. Les puristes proposent de la remplacer par « bien que ». À noter cependant la nuance que souligne A. Gide, Incidence, 73, entre « malgré que » et « bien que » : « Elle (cette expression) ne se confond pas avec bien que, qui n'indique qu'une résistance passive ; elle indique une opposition. »

Manche

Stylistique et sémantique : Toujours au pluriel dans l'expression « en manches de chemise » et plutôt au pluriel dans « sans manches ».

Même

Grammaire : est adverbe invariable lorsqu'il signifie : « aussi », « de plus », « encore plus », et lorsqu'il modifie un adjectif ou un verbe : Ce sont là des logiques qui appartiennent même aux enfants. S'il ne peut pas être déplacé et mis avant le nom ou le pronom, ou s'il tient la place d'eux-mêmes, il est adjectif et s'accorde : Elle était la beauté et la gentillesse mêmes. S'il peut être déplacé et mis avant devant le nom, on peut le considérer comme adverbe, et dans ce cas, il demeure invariable : Ma femme, ma fille même ne soupçonnaient pas l'erreur.
Avec les pronoms personnels pluriels de politesse « nous », « vous », désignant une seule personne, l'adjectif « même » s'écrit au singulier : Chère Madame, je n'en ai parlé qu'à vous-même.
Ici même, là même, par là même, s'écrivent sans trait d'union.

Stylistique et sémantique : La locution prépositive « à même de » est légèrement familière.
La locution conjonctive « même que » est, elle, très familière.
L'expression adverbiale « tout de même » est assez familière et sera remplacée par « cependant » ou « malgré cela ».

Minute

L'abréviation de minute est « min », sans point final ni pluriel.

Mort

Typographie : Se lie par un trait d'union dans « mort-né », « mort-aux-rats », « morte-eau » et « morte-saison ». Sans trait d'union : « eau morte », « poids mort », « œuvres mortes ». Être à demi mort, être ivre mort.
Grammaire : « Faire le mort » est en principe invariable : Ils choisirent de faire le mort.