Lettre P, suite

Partie

Grammaire : Singulier dans les expressions « faire partie », « prendre à partie », « en partie », « en tout ou partie », « pour partie ».

Stylistique et sémantique : Attention à l'homophonie de « parti » et « partie ». On écrira « prendre à partie » mais « prendre son parti », « prendre parti pour » et « tirer parti ».

Pendant

Attention à bien distinguer « pendant que » de « tandis que ».
« Pendant que » exprime la simultanéité : Il jouait avec ses Legos pendant que sa maman préparait le déjeuner. « Tandis que » marque mieux l'opposition ou le contraste : Les mondanités pour lui, tandis que sa femme s'épuisait à la tâche.

Peu

Orthographe : Toujours invariable, même lorsqu'il est substantivé.

Grammaire : « Peu de » et « très peu de » s'accordent avec le complé­ment : Très peu de spectateurs sont restés. Mais « le peu de » et « un peu de » s'accorde au masculin singulier quand ils ont le sens d'insuffisance : Le peu de pièces dans mon porte-monnaie me désole. En revanche, lorsqu'ils expriment une petite quantité, mais non insuffisante, le pluriel s'impose : Le peu de commentaires que nous avons reçus étaient très flatteurs.

Stylistique et sémantique : « Un petit peu », donné comme populaire par Littré, et « très peu de » sont des tournures pléonastiques.

Près

Typographie : Se lie avec un trait d'union dans « un à-peu-près », mais pas dans « à cela près », « au plus près » ou « de près ».

Stylistique et sémantique : Ne pas confondre la locution prépositive « près de », qui signifie « sur le point de », avec l'adjectif « prêt » suivi de la préposition « à » qui a le sens de « disposé à ». En particulier devant un infinitif, où les deux formes peuvent avoir un sens : Il est près de mourir (sur le point de mourir). Il est prêt à mourir (préparé à mourir).

Porte

Typographie : Avec une majuscule dans « la Porte » ou « la Sublime Porte » lorsque l'on désigne le gouvernement ottoman, avec une minuscule pour les portes de Paris « porte Champerret », « porte des Lilas »...
Origine de très nombreux mots composés. Sont unis sans trait d'union: « porteballe », « portechape », « portefaix », « portefeuille », « portemanteau », « portemine », qui prennent tous un « s » additionnel au pluriel.
Dans ces noms composés, le premier élément est toujours invariable, sauf dans « porte-fenêtre » « des portes-fenêtres ».

Pour

Grammaire : Plusieurs verbes de mouvement « aller », « courir », « venir » et leurs composés, acceptent l'élision de la préposition « pour » Il alla fermer la porte, ou Il alla pour fermer la porte.
Stylistique et sémantique : Éviter « pour ne pas que », lui préférer « pour ne pas » ou « pour éviter que ».
« Être pour » est une expression familière, mais « voter pour » est correct.

Problème

Grammaire : Singulier dans « faire problème », « pas de problème » ou « sans problème », pluriel dans « à problèmes ».
Stylistique et sémantique : L'expression familière « poser problème » est à éviter. Préférez : « poser un problème ».

Procédure

Stylistique et sémantique : Littéralement « manière de procéder » juridiquement. Évitez l'anglicisme consistant à utiliser ce mot dans le sens de « technique », « processus », « méthode ».

Propos

Typographie : Se lie par un trait d'union dans : Un à-propos. Avoir l'esprit d'à-propos.

Protagoniste

Stylistique et sémantique : Le « protagoniste » est l'acteur ou le comédien qui tient le rôle principal. Le sens de ce mot s'est étendu à celui qui joue le principal rôle dans une affaire. Évitez ce vilain pléo­nasme que l'on entend trop souvent : « le principal protagoniste ».

Puis

Stylistique et sémantique : « Puis après » et « puis ensuite » sont des pléonasmes, excepté lorsque « puis » marque une continuité dans l'espace et non dans le temps.